Selon un pneumologue, la cigarette électronique favorise les allergies respiratoires

Publié le par Monsieur Vapoteur

Selon un pneumologue, la cigarette électronique favorise les allergies respiratoires
Alors que 1,5 million de Français vapotent chaque jour, connaît-on aujourd'hui les avantages et les risques de la cigarette électronique sur la santé à long terme ? Quatre ans après son introduction en France en 2013, Guillaume Beltramo, pneumologue au CHU de Dijon, alerte sur le risque d'augmentation des allergies respiratoires liées à l'utilisation à long terme de cet outil contreversé, à l'occasion du congrès francophone des allergies qui se tient jusqu'au 28 avril au Palais des Congrès à Paris.

Sait-on aujourd'hui si la cigarette électronique comporte des risques pour la santé à long terme ?

À l'heure actuelle, nous n'avons pas assez de recul et peu de données, car la mise sur le marché date de 2009. En revanche, on peut la mettre en cause dans des pathologies chez certains consommateurs peu nombreux, mais qui pourront prendre de l'importance à l'avenir avec la prolongation de l'exposition à la cigarette électronique. Sur le plan respiratoire, on observe des détresses respiratoires comme des pneumopathies lipidiques du poumon qui sont des réactions du poumon aux constituants de l'e-cigarette.

La cigarette électronique peut-elle favoriser les allergies respiratoires ?

Oui, il y a un lien direct entre l'e-cigarette et les allergies respiratoires. On pourrait observer une augmentation des cas d'allergies avec une consommation prolongée massive des cigarettes électroniques dans la population. Des études ont montré que la cigarette électronique provoque des modifications de l'immunité locale, des colonisations des voies aériennes parstaphylocoque doré, qui est un facteur de risque de sensibilisation aux allergènes de l'air ambiant (pollens, acariens) et une aggravation de la réponse aux allergènes chez les patients non allergiques.

Quelles substances sont en cause ?

Les toxiques et les arômes, notamment l'arôme de cannelle, qui est fortement impliquée sur la part infectieuse et l'allergie. Par ailleurs, le diacéthyle, un additif alimentaire qui donne le goût de beurre au pop-corn, peut être dangereux en inhalation. Le glycol et la glycérine végétale qui sont les diluants principaux des e-liquides (70-90%) n'ont pas d'effets secondaires. Par contre, chauffés, ces produits ont un risque de toxicité, notamment le diacéthyle, carcinogène. Une utilisation déraisonnée ou abusive va conduire à la formation de ces impuretés et à la libération de toxiques via les plastiques et les métaux de la cigarette.

Comment limiter les risques quand on est utilisateur ?

Il vaut mieux utiliser des produits qui rentrent dans le cadre des réglementations françaises Afnor. Une norme européenne va homogénéiser les normes en 2017-2018. Aujourd'hui en France, les produits qui ne contiennent pas de nicotine ne sont pas soumis à règlementation. Dans les prochaines années, on saura probablement les arômes à éviter, qui font l'objet de travaux actuellement. Il faut rappeler que le but n'est pas l'utilisation à long terme de la cigarette électronique, mais d'arrêter de fumer. Le plus grand risque est de continuer à fumer tout en vapotant ce qui augmente l'exposition aux polluants. Il faut également se méfier des troisièmes générations d'e-cigarettes qui peuvent aboutir à des surchauffages des liquides qui provoquent une combustion des toxiques et carcinogènes.

L'e-cigarette est-elle moins dangereuse que la cigarette classique ?

On ne peut pas prouver l'efficacité de l'e-cigarette en termes de sevrage tabagique ni sa sûreté d'utilisation. En revanche, elle semble moins dangereuse, car elle contient moins de constituants chimiques qui sont 9 à 450 fois moins dosés que dans la cigarette classique. C'est un outil intéressant pour le sevrage de certains patients, car le but est d'éviter à tout prix le tabac. Les dernières recommandations françaises de santé préconisent en première intention les substituts nicotiniques (patchs, gommes à mâcher, inhalateur). Ceci dit, on ne ferme la porte à la cigarette électronique dans le cadre d'un sevrage.

Selon le baromètre de l'Inpes paru en février 2015, près de 3 millions de Français vapotent régulièrement, dont la moitié chaque jour, faisant de la France le premier marché européen en nombre de vapoteurs, devant le Royaume-Uni.

À noter qu'à partir du 1er octobre 2017, " vapoter " dans certains lieux publics et au travail sera passible d'une amende de 150 euros.


Source : La Dépêche

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