Un tabacologue qui change d'avis et conseille la cigarette électronique

Publié le par Monsieur Vapoteur

Un tabacologue qui change d'avis et conseille la cigarette électronique
Au Centre hospitalier, Jean-François Delot et son équipe aident les patients à arrêter de fumer. Une démarche complexe qui repose sur un traitement et surtout une grande écoute.

Ce jeudi-là, Jean-François Delot reçoit six femmes et trois hommes, lors de sa consultation en tabacologie. Combien d’entre eux parviendront à éteindre définitivement leur cigarette ?

« On estime que 20 % des patients qui consultent un tabacologue y arrivent. Contre seulement 2 % pour les personnes sans aucun accompagnement », commente ce médecin-tabacologue. Les rechutes sont très fréquentes. « Il suffit d’une seule cigarette des années après avoir arrêté, pour rallumer les récepteurs nicotiniques et le circuit de la récompense », commente Jean-François Delot.

Pas de cigarette dans la voiture et la maison

La solution miracle n’existe malheureusement pas. Jean-François Delot prescrit un traitement à base de substituts nicotiniques. Il conseille aussi de passer à la cigarette électronique. « Je n’y étais pas favorable au début. Mais il s’avère qu’elle est 95 % moins toxique que le tabac. » Toutefois, l’arrêt passe essentiellement par un changement de comportement et une réflexion sur l’addiction. « Le patient doit s’interroger : comment et pourquoi ai-je commencé à fumer ? »

Jean-François Delot étudie avec ses patients « des stratégies pour mettre à distance le tabac. Vous fumez toujours après votre café ? Il faut peut-être arrêter de prendre du café ou le prendre à un autre moment. Il faut réfléchir à tous ces moments propices : la pause avec les collègues, la dernière cigarette le soir… » Le médecin est, en revanche, intraitable sur deux points : interdiction de fumer dans la voiture et la maison.

Il reçoit les patients autant de fois que nécessaire. En 2016, 530 consultations ont été réalisées sur Quimper (le jeudi après-midi et le mardi main) et Concarneau (le mercredi après-midi). Les femmes sont majoritaires (55%). Si besoin, les fumeurs peuvent ensuite consulter la psychologue ou la diététicienne de l’unité de tabacologie. L’arrêt du tabac peut en effet conduire à une prise de poids significative.

Une cigarette, c’est 10 calories brûlées. En plus, le tabac coupe la faim.

L’arrêt du tabac ou sa diminution se construisent donc pas à pas. Mais le jeu en vaut la chandelle. « Une de mes patientes a arrêté après 50 ans de tabagisme. Son visage s’est métamorphosé. » Le médecin quimpérois rappelle les problèmes cardio-vasculaires et pulmonaires, le risque de stérilité chez les hommes, le risque pour les enfants à naître… et surtout les 78 000 morts par an ... « Le tabac est la première maladie mortelle évitable. » Enfin, le tabac coûte chaque année 25 milliards d’euros au système de santé.


Source : Côté Quimper

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