Rachat de Reynolds par BAT : « disposer du meilleur pipeline de produits de nouvelle génération »

Publié le par Monsieur Vapoteur

Rachat de Reynolds par BAT : « disposer du meilleur pipeline de produits de nouvelle génération »
Cette nouvelle opération de fusion-acquisition entre géants du tabac suscite diverses analyses dans la presse française. Extraits significatifs :

Le Monde

Pour BAT, l’objectif est double. Le premier est l’effet de taille. Le leader britannique devrait devenir la première entreprise cotée de tabac du monde en termes de chiffre d’affaires et de valeur boursière, en dépassant Philip Morris International, le groupe qui vend les Marlboro en dehors desÉtats-Unis . De quoi permettre de réaliser des économies d’échelles évaluées à plus de 400 millions de dollars au bout de trois ans. BAT va s’implanter solidement aux États-Unis, où Reynolds est numéro deux du marché. L’acquisition doit aussi renforcer la place de BAT dans les pays émergents, où la consommation de tabac reste en croissance. Ils représenteront 60 % des ventes en volume du nouvel ensemble.

Deuxième intérêt, BAT va se hisser parmi les leaders de l’e-cigarette, en ajoutant la marque Vuse de Reynolds, très présente aux Etats-Unis, à sa propre cigarette électronique Vype. Le britannique entend ainsi s’affirmer plus que jamais comme le « principal groupe international » dans le vapotage. Jusqu’à la prochaine fusion ...

Le Figaro

Né en 1902, British American Tobacco (BAT) avait quitté les États-Unis dans les années 2000, après le plus grand scandale qu’ait connu l’industrie. Attaqués par 46 États américains pour rembourser les dépenses de santé liées au tabac que ces derniers avaient pris en charge, les industriels avaient échappé à une condamnation en trouvant, en 1998, un accord amiable au terme duquel ils s’engageaient à verser 246 milliards de dollars.

Comme leurs rivaux, les dirigeants de BAT craignaient que d’autres procès aient un impact sur les comptes de l’ensemble du groupe. Fin 2003, BAT a décidé de marier sa filiale américaine avec Reynolds, et de ne garder qu’une minorité du nouvel ensemble. Une façon de se protéger, Reynolds prenant en charge les responsabilités de BAT dans l’accord de règlement en 1998, et surtout, d’éventuels futurs litiges, notamment de possibles class actions engagées par des associations de consommateurs. Altria a, lui, créé un cordon sanitaire en scindant, en 2008, ses activités américaines du reste du groupe, rebaptisé Philip Morris International.

Le come-back de BAT aux États-Unis est donc, en quelque sorte une reconstitution de ligue dissoute. « L’opération est possible car le marché estime que la vague est passée, et que les risques de procès sont plus faibles », confie un bon connaisseur du secteur. Le jeu en vaut la chandelle. Si le marché américain des cigarettes s’est beaucoup rétréci depuis les années 2000, il reste en effet une opportunité importante, d’autant que les experts s’attendent à un ralentissement du rythme de la baisse, à seulement 2 à 4 % par an en volumes (...)

Plus gros, BAT est également mieux armé pour préparer l’avenir en investissant dans des produits moins nocifs que les cigarettes. C’est devenu une nécessité pour tous les industriels, très longtemps cantonnés à un seul produit. Non seulement la cigarette a une image de plus en plus mauvaise partout dans le monde, mais les politiques publiques de santé et les réglementations de plus en plus restrictives, y compris dans les pays émergents, sont désormais véritablement considérées comme une menace. Ensemble, BAT et Reynolds estiment disposer du meilleur pipeline de produits de nouvelle génération, qu’il s’agisse des vapoteuses, des cigarettes électroniques ou, plus prometteurs encore, des systèmes proposant du tabac à chauffer.

« Dans ce contexte, experts et acteurs du secteur spéculent sur une autre gigantesque opération de consolidation dans les mois ou années à venir. La proie est identifiée : le britannique Imperial Brands, propriétaire de Gauloises et Gitanes. Ironie de l’histoire, ce groupe fut à l’origine de la création de BAT et resta à son capital jusque dans les années 1980. Il devrait intéresser deux prédateurs : BAT et son rival Japan Tobacco International, qui pourraient s’associer pour se partager la proie. Seul obstacle : cette perspective a déjà fait flamber le cours de Bourse d’Imperial Brands. À Londres, le groupe est valorisé plus de 34 milliards de livres, moitié plus qu’il y a trois ans… Trop cher ? ».


Source : Le monde du tabac

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