Non, la cigarette électronique n'est pas la porte d'entrée dans le tabagisme

Publié le par Monsieur Vapoteur

Non, la cigarette électronique n'est pas la porte d'entrée dans le tabagisme
Alors que l’on voudrait nous faire croire que le vapotage conduira systématiquement au tabac, plusieurs études publiées récemment viennent rétablir la vérité : la cigarette électronique concerne surtout des fumeurs ou d’anciens fumeurs de tabac, et la cigarette électronique comme le tabac concernent de moins en moins de jeunes.

Ces derniers ne sont pas intéressés par la cigarette électronique, même s’ils l’expérimentent parfois. Ils ne deviendront pas dépendants du tabac s’ils commencent par vapoter. L’étude Monitoring the future

Depuis 1975, une étude est menée chaque année aux Etats-Unis auprès des adolescents américains afin de mieux décrire leurs consommations d’alcool, et de tabac et d’autres drogues. En 2016, 45 473 étudiants de 372 établissements scolaires publics et privés y ont participé.

Entre 2013 et 2016, le nombre de fumeurs de tabac a diminué, tout comme le nombre de vapoteurs :

- En classe de seconde, le nombre de fumeurs a presque diminué de moitié (passant de 9,1% à 4,9%) et le nombre de vapoteurs a diminué également (passant de 14,0% à 11,0%),

- En classe de terminale, le nombre de fumeurs a diminué (passant de 16,3% à 10,5%) et le nombre de vapoteurs a diminué également (passant de 16,2% à 12,5%). Cette étude montre que la réduction du tabagisme chez les lycéens américains ne s’est pas accompagnée d’une augmentation du vapotage.

Le rapport polémique du Surgeon General en 2016

Le Dr. Vivek Murthy est le directeur de la Santé Publique (Surgeon General) aux Etats-Unis depuis 2014. Comme chaque année, il a signé en 2016 un rapport sur la santé des américains et les addictions en particulier. Ce rapport a beaucoup fait parler de lui, car il était « à charge » contre la cigarette électronique, comme le rappelait Jean-Yves Nau le 14 décembre 2016 sur son blog : « la démonisation de la cigarette électronique. »

« On ne peut, comme il le fait, présenter la cigarette électronique comme « un danger majeur pour la santé publique ». C’est refuser de comprendre qu’il y a là un levier puissant de réduction du risque tabagique. »

Jacques Le Houezec, un spécialiste français de la nicotine, a repris également les données publiées dans ce rapport. « Premièrement, le rapport omet ou essaye d'occulter la comparaison du vapotage et du tabagisme des jeunes. C'est le cas si l'on ne consulte que le résumé et non pas le rapport complet. La plupart des graphiques mis en avant concerne uniquement l'utilisation de la cigarette électronique. Mais page 51 et 52 du rapport on trouve les deux graphiques où l'on peut voir qu'en seulement 2 ans (2013 vs. 2015) le tabagisme des jeunes a été divisé par deux. »

Dénormalisation du tabagisme et non renormalisation

Alors que l’on voudrait nous faire croire que de voir vapoter va donner envie de fumer du tabac et renormalise ainsi l’image du tabagisme. Lors du Premier sommet de la vape, qui s’était tenu à Paris en 2016, le Pr Bertrand Dautzenberg » disait : « Quand on interroge ces collégiens et lycéens, on s’aperçoit que cela ringardise le tabac. Avant le tabac n’avait pas de concurrent. Il semblerait aussi qu’il y ait moins d’addiction ». Les études américaines présentées ici montrent la même chose, et le Dr Michael Siegel (professeur de santé publique à Boston, Massachusetts) a fermement dénoncé l’idée que la cigarette électronique conduisait au tabagisme, en décembre 2016. Depuis, de nombreux scientifiques ont fait la même réponse, en France et à travers le monde entier.

Alors que j’écris ce billet, une étude (à paraître dans Addictive Behaviors en avril 2017) vient d’être mise en ligne : plus de 3750 étudiants américains ont été interrogé en 2014 et ensuite en 2015 sur l’usage du tabac et de la cigarette électronique. Elle confirme qu’il n’y a pas de passage de la cigarette électronique vers le tabac.


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