L’Europe et Big Pharma sont en contact en Belgique

Publié le par Monsieur Vapoteur

L’Europe et Big Pharma sont en contact en Belgique
Au programme du "Questions à la une" de ce soir : un reportage sur la cigarette électronique. Mise au point avec l'ex-journaliste de RTL, aujourd'hui parlementaire européenne, qui défend ce produit.

Quels sont vos arguments pour soutenir la vente de ce produit ?

Je défends avant tout la santé et le bien-être des Européens. En tant que membre de la Commission Santé au Parlement européen, j’ai été amenée à être rapporteur sur la directive Produits du tabac. J’ai rencontré des fumeurs, des médecins, des tabacologues, des pneumologues et j’en suis arrivée à la conclusion qu’elle permet de sortir du piège du tabac qui tue un fumeur sur deux.

Mais avec cet objet, on conserve la mémoire du geste. Habitude qui fait partie de l’addiction...

Il ne faut pas se leurrer. On ne peut pas arrêter de fumer uniquement par la force de la volonté avec tous les additifs présents dans le tabac. Ni se couper du jour au lendemain de toutes les sensations que procure la cigarette. S’il y a une période de sevrage transitoire qui passe par le fait d’avoir cet objet en main, pourquoi le supprimer ?

Mais, est-on sûr que les liquides de l’e-cigarette sont inoffensifs sur la santé ?

J’ai lu toutes les études, en étant très vigilante à leur source. On découvre souvent que tel ou tel scientifique à leur base est lié à un lobby, bien souvent un lobby pharmaceutique qui vend des chewing-gums, patchs, spray, des produits concurrents directs dans l’aide au sevrage et qui n’ont donc pas intérêt à ce que la cigarette électronique prenne de l’ampleur. En tout cas, les toutes dernières études affirment l’innocuité de ces liquides. Peut-être sur le long terme, la science, qui évolue, sera amenée à revoir cette thèse. En tout cas, ces substances ne pourraient être un millième aussi dangereuses que celles qui sont dans le tabac. Qui contient, lui, 4.000 substances toxiques, dont 60 cancérigènes pures et dures. S’il y a des progrès à faire, ils sont de l’ordre de la sécurité du dispositif. J’ai moi-même déposé des amendements pour que le bouchon ne puisse pas être ouvert par des enfants.

Le reportage de la RTBF pointe la mode du " vapotage ", qui amène à la consommation des non-fumeurs. Un effet pervers, non ?

Pour éviter que cela devienne un dégât collatéral, nous avons fixé des limites dans la directive européenne. Comme interdit les saveurs chewing-gum, barbe à papa. Il appartient maintenant aux autorités sanitaires de chaque Etat membre d’adapter la directive et d’être imparables sur le sujet afin d’éviter son attractivité chez les mineurs.

Justement, le 17 janvier est entré en vigueur l’application en droit belge de la directive européenne. Une législation qui tuera le monde de la cigarette électronique, d’après ce secteur. Vrai ?

Je comprends la colère de cette communauté, la seule partie prenante qui n’ait pas été entendue dans toutes les consultations faites par la Commission lors de son travail préparatoire pour la directive. Mais quand on sait le prisme négatif qui animait tant les autorités européennes que gouvernementales de chaque pays qui en parlaient comme si la cigarette électronique était l’ennemi à abattre et non le tabac, on a limité les dégâts. Le premier texte de la Commission envoyait la cigarette électronique en case prison. J’ai eu des preuves d’échanges de mails entre la Commission et GSK, gros fabriquant de produits de sevrage, qui lui soumettait des propositions de textes. Il est certain que la Commission a sans cesse été en contact avec les lobbys pharmaceutiques dans la rédaction de cette partie de la directive sur l’e-cigarette.

Avez-vous été approchée par ces lobbys ?

Vous savez que les lobbyistes fichent les parlementaires. De la sorte, ils savent qui va leur claquer la porte au nez ou leur ouvrir les bras. Moi je suis fichée rouge clignotant tellement je suis intraitable ! Donc, non, ils ne m’ont pas approchée.


Source : Ciné télé revue
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