En 2017, on arrête de fumer… et on arrête aussi de vapoter !

Publié le par Monsieur Vapoteur

En 2017, on arrête de fumer… et on arrête aussi de vapoter !
Bon nombre de fumeurs vont griller leur dernière cigarette lors du passage à l’an neuf et écraser leur paquet en espérant sincèrement ne plus jamais le revoir. C’est formidable et c’est possible.

Ce 1 er janvier sera le premier jour du reste de leur (nouvelle) vie pour de nombreuses personnes qui vont officiellement devenir des ex-fumeurs. « Il y a clairement un effet « janvier » dans la foulée des bonnes résolutions », confirme Gaël Monballin, tabacologue au sein de l’équipe du CAF (Centre d’Aide aux Fumeurs) de la Clinique André Renard à Liège – réseau Solidaris. Une équipe pluridisciplinaire, composée de quatre spécialistes tabacologues, dont deux médecins (le Pr Bartsch et le Dr Lambert) et Agnès Materne.

« Arrêter de fumer est le meilleur médicament au monde car ça règle pas mal de problèmes », rappelle, d’emblée, le tabacologue. « Mais nous ne sommes pas là pour seriner aux gens que « fumer tue ». On n’est pas là pour les ennuyer mais pour les informer et, surtout, casser tous les mythes et fausses croyances autour du tabac, de la nicotine et du sevrage. On va pouvoir ainsi reconstruire un comportement. »

Car le sevrage est double : il est physique ET psychologique. Physique, à cause des 4.000 ingrédients plus ou moins addictogènes qui composent une cigarette. Psychologique, car fumer implique aussi une gestuelle (tenir sa cigarette, bourrer sa pipe) et un contexte sociétal (boire un verre => fumer), dont le fumeur est également esclave. « Il est donc très difficile d’arrêter du jour au lendemain, poursuit Gaël Monballin. Et il faut le faire pour soi, pas pour faire plaisir à quelqu’un d’autre. Les personnes qui viennent nous voir en consultation ont souvent déjà lancé la machine dans leur tête. Nous les aidons à passer à l’acte et à maintenir sereinement ce sevrage. »

Bien se préparer

En accord avec la personne, différentes aides au sevrage (médicament, patches, chewing-gums, e-cigarette) peuvent être proposées, des ‘coups de pouce’ qui peuvent éventuellement être associés. « On peut mettre un maximum de chances de son côté, mais ça doit rester logique. D’où l’importance de se faire aider et d’être suivi. »

Les consultations chez un tabacologue agréé sont remboursées à raison de 8 séances (max) à effectuer sur deux ans. La première est remboursée à hauteur de 30€, les suivantes, de 20€ (30€ pour les femmes enceintes). On y discute beaucoup, c’est un échange entre le fumeur et le spécialiste qui peut répondre à toutes les questions et briser pas mal de clichés/fausses excuses sur l’arrêt tabagique.

« Les premières séances se concentrent sur la préparation au sevrage (antécédents, dépendance, motivation), puis on les espace. Certains fumeurs n’ont pas besoin de 8 séances, mais mieux vaut être suivi jusqu’au bout », conseille Gaël Monballin. Inutile de se leurrer, il faut parfois plusieurs tentatives avant de réussir. En moyenne, la 3 e est la bonne. « Il y a aussi des ex-fumeurs qui ne seront jamais ravis de la situation, mais qui ne replongent pas pour autant. »

L’accompagnement est individuel, chaque fumeur ayant sa propre histoire autour du tabac. S’observer en train de fumer, comprendre les mécanismes de l’addiction, facilite le déclic : « Il faut d’abord comprendre ce qu’on fait en fumant et savoir les effets que cela entraîne. Pourquoi la première cigarette du matin fait-elle « tant de bien » ? Parce que comme on ne fume pas la nuit, le réservoir à nicotine est à sec au lever. Mais ce premier appel de la clope dès le matin crée un stress et hop, l’addiction est repartie pour toute la journée », décrypte le tabacologue. La nicotine est l’ingrédient le plus addictogène. « L’ammoniac a été ajouté par les cigarettiers pour que la nicotine monte plus vite au cerveau. La plupart des éléments toxiques de la cigarette sont entre autres là pour doper l’addiction à la nicotine et y rendre accro… » Connaître ces pièges, c'est déjà un peu s'en détacher.

« Comme prendre l’autoroute à contresens »

« Fumer, c’est un peu comme prendre l’autoroute à contresens, en conducteur fantôme. Vapoter, c’est rouler à 140 km/h au lieu de 120 km/h : on est certes au-dessus de la limite mais on roule dans le bon sens, le risque est relatif », entame notre tabacologue Gaël Monballin, paraphrasant la célèbre métaphore qui fait mouche du Pr Dautzenberg, le pneumologue français qui défend la cigarette électronique.

« On ne connaît pas encore les effets à long terme des ingrédients de la cigarette électronique : la e-cigarette constitue un moyen d’arrêter de fumer, mais pas un remplacement. La fonction de base de notre organisme est de respirer de l’air… et rien d’autre », rappelle Gaël Monballin.

Les tabacologues sont désormais confrontés à des demandes de personnes qui ont arrêté de fumer toute seules... mais qui sont devenues accros à la cigarette électronique. « Depuis la cigarette électronique, les gens se débrouillent seuls, sans aide, mais c'est un bluff : ils désirent arrêter, de fait ils arrêtent, mais ils sont toujours dépendants de la nicotine de la e-cigarette et du geste. C'est comme s'ils prolongeaient le sevrage. Et ils viennent nous trouver après, quand ils se rendent compte que ça ne marche pas. »

Vapoter est moins dangereux que fumer car il n'y a pas de combustion du tabac – l'élément le plus nocif -, ni tous les autres composants toxiques de la cigarette. Mais on n'a pas encore de recul sur les effets à long terme de l'e-cigarette. Il y a aussi les fumeurs mixtes qui alternent cigarette et vapoteuse (dont ils ne sont pas entièrement satisfaits), et qui n'arrêteront jamais s'ils ne sont pas vraiment prêts.

De « l'art » de vapoter

« On ne tire pas sur une cigarette électronique comme sur une cigarette classique », prévient le tabacologue. « Sinon, on tousse, car la nicotine est moins masquée, moins « enrobée » que dans une cigarette. »

De même, il faut vapoter plus souvent que fumer car la nicotine grimpe moins vite au cerveau : « Le principe est de vapoter le plus régulièrement possible pour maintenir un 'plateau' de nicotine dans le cerveau afin de ne pas ressentir les effets du sevrage et pouvoir anticiper l'envie de fumer. » Les vapoteurs qui ont souvent leur e-cigarette à la bouche ont donc la bonne technique (rappelons toutefois que vapoter est interdit dans les lieux publics, au même titre que fumer, c'est la même législation).

Le sevrage de ou à l'aide d'une cigarette électronique se fait au cas par cas, avec un schéma descendant de nicotine (comme avec les patches) et un agenda prédéfini pour tendre vers zéro, le dosage maximal de départ étant de 20mg de nicotine/ml.

« Avec la cigarette classique, le corps dégrade la nicotine en 2h. S'ensuit un appel du cerveau qui demande qu'on lui en rende », précise Gaël Monballin. C'est cet « au secours » des neurones privés de nicotine qu'on devance en vapotant régulièrement. Puis en diminuant progressivement la quantité de nicotine dans le réservoir (clearomiseur) de la cigarette électronique afin d'un jour pouvoir s'en passer aussi.

Le « throat hit » ou « effet fond de gorge »

Il existe trois générations de cigarette électronique. La deuxième est la plus simple à utiliser pour les débutants-vapoteurs, mais la troisième (les « Mod's », à base carrée) est conseillée aux gros fumeurs car elle est plus performante dans la personnalisation des besoins de chacun. A condition de savoir bien s'en servir, d'où l'intérêt, une fois encore, de demander conseil à un tabacologue ou en e-boutique.

« Il est important pour l'ex-fumeur d'avoir le « throat hit », ce réflexe/grattement de fond de gorge qu'il avait avec sa cigarette classique, et que la nicotine aille vite au cerveau », précise Régine Colot, tabacologue à la Fondation contre le cancer (Tabacstop.be). Ce « gratouillis » peut s'obtenir grâce à la sophistication des Mod's, en jouant sur le voltage et l'ampérage de la e-cigarette (infos sur stoptabac.ch, « obtenir le meilleur hit »).

Petit rappel aux candidats-vapoteurs : la vente d'e-cigarette sur internet est interdite en Belgique... Méfiance, également, vis-à-vis des produits alternatifs lancés par les cigarettiers eux-mêmes pour contrer l'érosion du marché du tabac : Philip Morris vient par exemple de sortir « Iqos », un semblant de cigarette électronique qui contient du tabac chauffé et qui reste donc cancérigène. Le cynisme des cigarettiers va jusqu'à proposer leurs substituts chez les buralistes afin de ramener les ex-fumeurs sur les lieux de vente du tabac...

« Vapoter constitue une réduction du risque », poursuit Mme Colot. « Il ne faut pas culpabiliser d'y être « accro » car si on n'échappe pas à la nicotine en vapotant, on évite quand même les 3.999 autres ingrédients de la cigarette, et sa combustion qui est la plus dangereuse pour la santé. »

Fumeur, ex-fumeur, non-fumeur ?

En tabacologie, deux questions se posent pour distinguer le statut fumeur/non-fumeur/ex-fumeur :

1) Avez-vous fumé toute votre vie au moins 100 cigarettes, 30 cigares ou 30 pipes ?

2) Avez-vous fumé pendant le dernier mois ?

Si « oui » à ces deux questions : fumeur. Si « oui » à la première et « non » à la seconde : ex-fumeur. Si « non » aux deux questions : non-fumeur.

La plupart des fumeurs qui arrêtent resteront des « ex-fumeurs » toute leur vie et ne seront plus jamais des « non-fumeurs ». C’est une nuance importante, notamment pour la prise en charge de l’envie qui, elle, sera toujours présente : « L’envie de fumer reste, même 30 ans après avoir arrêté. Elle est là jusqu’à la mort, mais elle est gérable », informe le tabacologue, qui préfère jouer la carte de la franchise et de la transparence. « Ces envies seront de plus en plus espacées dans le temps, mais il faut savoir que le cerveau peut les faire remonter à la conscience. On ne sait pas retirer le chapitre « fumeur » du livre de sa vie. » Avec l’aide d’un spécialiste, l’ex-fumeur va apprendre à vivre avec ces résurgences : « en faisant en sorte que la cigarette passe à l’arrière-plan, comme un détail flou et non plus central dans une photo : elle sera toujours là, mais dans un coin de l’image, comme les autres choses de la vie. »

Ces envies ne sont que passagères (si, si !). « Le cerveau en manque de nicotine agit comme un enfant qui tire sur la main. Cette envie dure 1 minute. Un fumeur de 20 cigarettes vivra 20 minutes compliquées à gérer le premier jour. En parallèle, il faut comprendre qu’un déficit bien-être se créé : 20 cigarettes fumées correspondent à 100 min de plaisir. Il faut donc s’y préparer et trouver une alternative, une activité que la personne qu’on aime, qu’il s’agisse de bouger ou de faire de la tricothérapie. »

On ne grossit pas : on reprend son poids normal !

Parmi les mythes qui ont la dent dure, celle du poids : arrêter du fumer = grossir, une croyance qui sert d'excuse à pas mal de fumeurs, à commencer par les femmes.

« En réalité, le poids du fumeur est erroné parce que fumer modifie le métabolisme de base, qui est suractivé », déconstruit le tabacologue. « Quand on fume, on inspire, on expire, c'est de la kiné respiratoire, une forme d'activité physique. La cigarette a aussi un effet anorexigène (coupe-faim). Si vous pesez 67 kilos, votre poids réel est de 70kg : ce sont ces 3 kilos que vous allez reprendre en arrêtant de fumer et en retrouvant un métabolisme normal ! »

Premier conseil pour ne pas prendre de poids excédentaire : garder le même comportement alimentaire avant et après l'arrêt tabagique. En se méfiant de sa gestuelle d'ex-fumeur, qui occupait les mains et faisait porter la cigarette à la bouche : on risque de la remplacer par de la nourriture ! Pour éviter les calories inutiles, on mise sur des chewing-gums sans sucre, des Tic-Tac et on occupe ses mimines avec un bâton de cannelle (attention aux bâtons de réglisse en cas de troubles cardiaques). Si la prise de poids est une véritable phobie, mieux vaut faire attention dès l'arrêt tabagique : « Autant tout faire d'un coup, même si ça paraît dur », conseille Gaël Monballin. « En faisant attention à ce qu'on mange en arrêtant de fumer, on gagne du temps : on est tranquille en six mois, plutôt que de faire régime six mois après avoir arrêté le tabac. »


Source : La nouvelle gazette
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hper5504 24/05/2017 22:25

Je suis asthmatique et j'ai été desensibilise quand j'étais petit. J'ai 31 ans et j'ai fumé pendant plus de dix ans. Je fumais plus d'un paquet par jour. Suite à des douleurs intercostals mon médecin ma fait passer une radiographie thoracique. Rien aux côtes mais une distention thoracique et un épaississement bronchique. Le résultat de l'asthme et de la cigarette d'après mon medecin. Rendre vous bientôt au pneumologue alors que je ne faisais jamais de crise d'asthme juste une bronchite asthmatiforme tous les ans.pour ne pas aggraver mon cas j'ai décidé d'arrêter de fumer immédiatement. Peur d'une insuffisance respiratoire dans quelques temps. J'effectue mon sevrage avec une cigarette électronique. Je suis à 11 mg de nicotine. Ça fait déjà deux mois sans tabac et j'en oublie même la cigarette électronique que je stopperai sans même y penser. Je me sent mieux, je me rends compte que la "clope" aller me tuer. La cigarette classique me donne plus du tout envie, j'évite même les fumeurs tellement en faire sa pue . Pour arrêter de fumer c'est simple, il ne faut pas le vouloir mais le devoir. Tu dois arrêter de fumer un point c'est tout et tu y arrivera. Même si c'est dur psychologiquement tu es seul maître de ton corps donc tu n'y touche plus ! Plus tu tiens bon et plus tu ne souffrira plus, seul le temps te fera oublier cette erreur de parcours.