Le poison et l’antidote confondus dans la loi santé

Publié le par Monsieur Vapoteur

Ainsi les voilà promulguées, ces lois scélérates qui devaient s’abattre sur la vape, ses acteurs et ses consommateurs, et auront été taillées pour réserver son marché tant aux fabricants de tabac et à leur produits “TPD compatibles” (en frappant de contraintes coûteuses et complexes jusqu’aux plus petits fabricants de liquides à la banane) qu’aux grands laboratoires qui pourront voir refleurir les ventes de leurs patches et vaporisateurs médicalisés, puisqu’il suffira désormais que les vaporisateurs soient reconnus comme médicaments pour qu’ils cessent d’être des “produits du vapotage”, qu’ils se parent soudain de vertus, et que toutes ces contraintes réglementaires se dissipent comme un aérosol au vent ! Au moins les dispositions concoctées dans le secret des alcôves du Ministère auront-elles ménagé à ceux-là un moyen de préserver leur commerce.

Non, tout ceci n’est malheureusement ni nouveau ni surprenant, puisque ces dispositions figuraient déjà dans la loi de santé de Madame Touraine et dans la fameuse TPD européenne de 2014. Toutefois, et comme le soulignait fort bien Laurent Joffrin vendredi matin dans un éditorial éclairé, chaque jour qui passe, le décalage entre les mesures réglementaires prises et les connaissances sur le rôle important joué par la vape dans la lutte contre le tabagisme se fait plus criant et ridicule. Qu’on songe aux conclusions du sommet de la vape, tenu il y a 11 jours seulement, et au terme duquel acteurs, associations de défense des consommateurs, médecins et spécialistes de la lutte contre les addictions ont confirmé une fois encore les formidables potentialités de ce dispositif comme outil de réduction des risques liés au tabagisme, tandis que de nouvelles études démontraient s’il en était encore besoin que le vapotage n’étaient pas une porte d’entrée dans le tabac mais bien un moyen efficace d’en sortir ! A quelle stupide et morbide fuite en avant se livrent donc ceux qui, prétendant vouloir enrayer le fléau du tabac, consacrent autant d’efforts à limiter l’efficacité de la plus prometteuse arme de leur arsenal ? Par quelle aberration ont-ils fait se côtoyer poison et antidote dans une même loi ?

Il n’appartient pas à l’Aiduce, association de consommateurs, de se prononcer la première sur le cauchemar administratif et économique qui s’abat aujourd’hui sur ces fabricants et distributeurs qui ont eu l’audace de croire qu’une solution était concevable en dehors du circuit des multinationales. Se rapproche seulement un peu plus ce jour où il nous faudra multiplier inutilement les flacons, payer l’amortissement des “droits d’enregistrement” qui frapperont chaque produit, nous contenter de ce que nous proposeront ceux qui auront réussi à survivre à ce choc économique, pleurer ces liquides que les fabricants étrangers n’auront plus intérêt à distribuer dans l’Hexagone, et nous glisser dans nos boutiques favorites en ayant l’impression de pénétrer un sex-shop sous l’œil réprobateur de la morale hygiéniste… En attendant que ne s’abattent de nouvelles restrictions plus contraignantes encore, alors que de nouveaux nuages menaçants se forment une fois de plus du côté de la Commission Européenne.

Nous ne sommes pas beaucoup plus avancés aujourd’hui que nous ne l’étions l’hiver dernier quant à l’interdiction de vapoter dans certains lieux publics, les décrets d’application n’étant pas encore parus. Mais il est une chose qui a pris effet ce jour et que nous ne sommes pas plus disposés à admettre, c’est l’interdiction aveugle de promouvoir, de nous livrer à “la propagande directe ou indirecte” – quoique ce terme veuille dire – d’un dispositif qui a permis à tant d’entre nous de nous débarrasser dans le plaisir d’une habitude mortifère. Est-t-il désormais interdit de suggérer la cigarette électronique à un fumeur souhaitant s’arrêter ? De faire état d’études sur son absence de toxicité ? De la prescrire ? De l’offrir ? Ces interdictions ne visent-elles que la publicité à des fins mercantiles ? Ces questions sont aujourd’hui abandonnées à la libre appréciation des juges et se préciseront avec l’émergence d’une jurisprudence incontrôlable dont il jaillira désormais le meilleur ou le pire.

Mais en tout état de cause, l’Aiduce n’entend pas changer son discours ni se soumettre au diktat d’une pensée autorisée. Nous ne percevrons toujours pas le moindre centime sur la vente de quoi que ce soit. Mais nous sommes une représentation et une émanation de tous ces vapoteurs qui veulent faire entendre leur voix, et nous continuerons à défendre leurs droits, à dénoncer les collusions et les décisions spectaculaires mûries loin des réalités, et à porter leur message auprès des autorités ou aux côtés des médecins et scientifiques chaque jour plus nombreux à partager nos analyses, sans considération pour quelque interdiction que ce soit. Exprimer ce en quoi nous croyons demeure l’un de nos droits les plus fondamentaux et nous n’avons pas plus l’intention de nous en dessaisir que de renoncer à soutenir l’accès à la vape pour ceux qui en ont besoin.

L’Aiduce invite vapoteurs et professionnels à ne pas céder à la pression ou à la panique, et à ne pas se livrer à l’auto-censure en signe d’acceptation résignée. Le combat se poursuivra après le 20 mai 2016. Il doit être commun et appeler à la cohésion. Il doit s’inscrire dans le respect de la liberté individuelle de chaque citoyen d’utiliser une alternative au tabac qui n’est pas un produit du tabac.


Source : Aiduce
Le poison et l’antidote confondus dans la loi santé

Commenter cet article