Des femmes enceintes payées pour arrêter de fumer

Publié le par Monsieur Vapoteur

Des femmes enceintes payées pour arrêter de fumer
Seize maternités vont tenter de convaincre de futures mamans d'arrêter de fumer en leur offrant des bons d'achat.

Indécrottables fumeuses jusqu'à la veille de l'accouchement, les femmes enceintes seraient-elles plus enclines à décrocher si on les en récompensait ? C'est le pari de l'étude, baptisée Fiscp, que vient de lancer l'AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris), avec le soutien financier de l'Institut national du cancer (Inca).

Seize services de maternité de France participent à cette enquête, dont les résultats ne seront connus que dans deux ans. Ils vont, pour ce faire, recruter un total de 400 futures mamans. Des volontaires, majeures, qui doivent être enceintes de moins de quatre mois et demi et fumer un minimum de cinq cigarettes quotidiennes (ou trois roulées, mais pas d'autre produit à base de tabac, ni de cigarette électronique).

A condition d'être motivées pour se sevrer bien sûr, elles seront reçues et suivies en consultation de tabacologie trois ou cinq fois jusqu'à l'accouchement et devront se soumettre à un entretien téléphonique six mois plus tard. Toutes recevront une rémunération de 20 € à chaque visite. Des bons d'achat valables dans plusieurs enseignes, sauf évidemment pour acheter tabac ou alcool.

Jusqu'à 300 euros

Ni patch ni gomme à la nicotine : pour une moitié d'entre elles, choisies de façon aléatoire (l'autre moitié constituant un groupe de contrôle), l'incitation financière pour cette aide au sevrage sera doublée. 20 € de bons supplémentaires, en récompense de leurs mois sans clopes. La réalité de leur abstinence sera mesurée par une analyse d'urines. En fin de compte, une femme enceinte entrant dans l'étude en début de grossesse pourrait ainsi recevoir jusqu'à 300 €.

Choquante, l'idée de rémunérer l'effort ? Pas exactement, si l'on considère que les seules volonté et vertu ne suffisent pas à se débarrasser d'une addiction. Selon le sondage Ipsos mené en préalable à cette étude, seuls 28,6 % des Français s'opposent à cette idée d'inciter financièrement les femmes enceintes au sevrage, quand 53 % votent pour. L'addiction à la cigarette est en effet des plus tenaces, particulièrement chez les femmes enceintes. Qu'elles sachent, ou non, comme en préviennent les médecins, que le tabac pendant la grossesse présente un risque d'accouchement prématuré, nuit au développement d'un bébé menacé de petit poids, d'asthme et même de diabète futur, les fumeuses s'accrochent à leur cigarette.

Selon les dernières statistiques disponibles du baromètre santé Inpes (Institut national de prévention et d'éducation pour la santé), les futures mamans sont près de 18 % à toujours fumer au dernier mois de leur grossesse. Une étude menée en 2014 par le même Ivan Berlin, pharmacologue à la Pitié-Salpêtrière, qui coordonne désormais l'étude Fiscp, révélait en outre que les substituts nicotiniques n'étaient pas efficaces pour aider les futures mamans à vivre sans fumer.

Deux fois plus efficace

L'incitation financière a déjà prouvé son efficacité dans une autre étude menée au Royaume-Uni et publiée dans le « Bristish Medical Journal » en janvier 2015 : 612 fumeuses de la région de Glasgow avaient été sélectionnées et séparées en 2 groupes. L'un recevait un soutien standard, soit une consultation, dix semaines de traitement de substitution gratuit et quatre appels téléphoniques de soutien.

L'autre se voyait en plus récompensé de 50 £ (63 €) en coupons au premier rendez-vous, doublé quatre semaines plus tard si leur mesure du souffle indiquait l'arrêt du tabac, puis 100 £ douze semaines après avoir écrasé la dernière cigarette. Juste avant la 38e semaine de grossesse, celles dont le contrôle des urines révélait une abstinence persistante recevaient un cadeau final de 200 £. L'incitation financière s'est révélée deux fois plus efficace que le soutien standard : plus de 20 % des femmes qui avaient reçu des coupons avaient lâché la cigarette, contre 9 % seulement dans le groupe de contrôle.


Source : Le Parisien

Publié dans Articles, Tabac

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amalie 18/05/2016 18:16

Ces "dames" n'arrêtent pas de fumer pour que leur bébé se développe comme il faut et soit en bonne santé mais elles sont prêtes à essayer contre de l'argent! On voit ou sont leurs priorités!