Le Québec est un régime abusif concernant la cigarette électronique

Publié le par Monsieur Vapoteur

Le Québec est un régime abusif concernant la cigarette électronique
Des commerçants déplorent la rigueur avec laquelle la nouvelle Loi 44 est appliquée dans le domaine de la cigarette électronique et sont convaincus que la nouvelle réglementation a pour effet de décourager les fumeurs d’en faire l’essai pour cesser le tabagisme.

" Y’a beaucoup de non-sens, on a vraiment manqué le bateau ", déplore Daniel Marien, propriétaire de 16 magasins la Vape Shop, dans la région de Montréal. " C’est abusif, c’est un régime dictateur ! "

Pas le droit de servir de l’eau

Par exemple ? " Dans mes magasins, j’ai des machines à eau. On m’a dit que je devais les enlever. Ils ne veulent pas qu’on se serve de breuvages gratuits pour inciter les clients à venir ", raconte M. Marien, aussi porte-parole de la Canadian Vaping Association.

Autre exemple, des boutiques ont dû décrocher les tableaux informatifs des murs. La loi interdit de faire la promotion du vapotage, et cette interdiction va du magasin jusqu’aux pages Facebook personnelles de ceux qui y travaillent. Un inspecteur aurait même demandé à M. Marien d’arrêter de publier des articles de journaux sur le sujet sur sa page Facebook, ce qui constitue «une atteinte à ma liberté d’expression», peste-t-il.

Par ailleurs, le manque d’information et l’interdiction stricte de vapoter dans les boutiques augmentent les risques de faire de mauvais choix et peuvent décourager les gens dans leur tentative de cesser de fumer, explique M. Marier, et c’est ce qu’il déplore par-dessus tout.

La combinaison juste entre la composition du liquide, la saveur, le taux de nicotine, le type de vapoteuse et la puissance des batteries peut être difficile à trouver et l’interdition de faire des essais en magasin, avant d’acheter, n’aide pas du tout, explique-t-il. Il donne l’exemple du taux de nicotine. " Avant, en magasin, on faisait essayer dosage de nicotine pour voir si le client était à l’aise. Maintenant, ils veulent se faire rembourser parce qu’ils ont été mal conseillés. Il faut faire un choix éclairé pour apprécier l’expérience. Si les gens n’aiment pas, ils ne l’utiliseront pas et le taux de succès va être affecté ".

Risqué lorsque mal utilisée

Et une mauvaise utilisation peut être très dangereuse, comme le sait trop bien ce jeune homme de l’Alberta dont la cigarette lui a explosé au visage. Ce dernier aurait utilisé des composantes qui n’étaient pas compatibles entre elles. Lorsque mal utilisée, la vapoteuse peut aussi surchauffer et brûler le liquide au lieu de l’évaporer, ce qui décuple les risques pour la santé.

Le pneumologue retraité Gaston Ostiguy, qui a été l’un des premiers à recommander la cigarette électronique à ses patients malades, va dans le même sens. " L’expérience démontre que les gens s’en servent très mal ", explique-t-il. Les gens ont besoin de savoir comment s’en servir, comment l’entretenir et devraient avoir l’occasion d’essayer en boutique.

C’est pour lui la clé du succès. " Le gros succès de la cigarette électronique vient du fait qu’on reproduit le geste de fumer et qu’on peut avoir une saveur qui convient. S’ils n’ont pas l’occasion de l’essayer " en présence de gens compétents, c’est plus difficile.

Et lorsque ça ne fonctionne pas, " les gens abandonnent et reviennent à la cigarette de tabac ".

Pour lui, " c’est un peu bizarre qu’on parle de légaliser la marijuana alors qu’on n’a pas pensé à légaliser et à contrôler la qualité du produit dans le domaine de la cigarette électronique ", déplore le docteur, en référence à l’absence de normes de Santé Canada.

Des commerçants, déplorent aussi qu’il soit désormais impossible de vendre des vapoteuses et des liquides par Internet, un moyen qui est pourtant privilégié pour la marijuana thérapeutique.

ifficile en région

L’interdiction de la vente en ligne, selon le propriétaire de Brume expérience à Québec, Mario Verreault, " c’est désolant ", surtout pour les gens qui vivent éloignés des grands centres. " J’ai des clients qui sont venus de la Côte-Nord, de la Gaspésie; y’en a pas de magasins dans leurs régions ! "

Et cela, le ministère de la Santé le reconnaît. " Je comprends que c’est un peu difficile ", indique la porte-parole Caroline Gingras. Elle ajoute toutefois que le nombre de points de vente (actuellement 500) augmente très vite et qu’il existe d’autres aides pour cesser de fumer dans les pharmacies.

Protéger les jeunes

Elle rappelle que la loi vise à poursuivre la lutte au tabagisme, à le prévenir et à motiver les gens à arrêter. L’assimilation de la cigarette électronique au tabac s’est faite en tenant compte des inconnus liés au vapotage, de la consultation publique qui a eu lieu et des études scientifiques. " Il y avait des objectifs de protection des jeunes et de réduction de l’attrait des produits du tabac et de la cigarette électronique. "

Mais l’argument principal des commerçants et du Dr Ostiguy est à l’effet que la nouvelle loi nuise aux chances de succès du vapotage pour cesser de fumer parce qu’il est dorénavant beaucoup plus difficile d’enseigner le fonctionnement et l’entretien de la chose quand on ne peut pas l’essayer en boutique. À cela, Mme Gingras répond qu’il est toujours possible de le monter aux clients en boutique et que pour en faire l’essai, il suffit d’aller dehors. Elle ajoute cependant qu’à partir de novembre prochain, les vapoteurs devront respecter la distance minimale de neuf mètres de l’entrée.

Vingt-cinq inspecteurs parcourent le Québec pour faire appliquer la Loi sur la lutte contre le tabagisme.


Source : Journal du Québec

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