La pause clope, le grand drame des vapoteurs ?

Publié le par Monsieur Vapoteur

La pause clope, le grand drame des vapoteurs ?
La loi Santé prévoit l’interdiction de vapoter dans les lieux de travail. Les adeptes craignent de replonger dans le tabac s’ils côtoient des fumeurs pendant les poses...

Ils grelottent souvent au pied des immeubles, bravant la pluie, le vacarme de la circulation, voire les envies pressantes des pigeons. Pour les fumeurs, la pause clope est une institution de la vie de bureau. Impossible d’y renoncer même s’il faut se couvrir, descendre et monter des escaliers, voire interrompre un rendez-vous professionnel dans la journée. Voilà en clair ce qui guette les adeptes de la cigarette électronique, quand le volet tabac de la loi Santé sera définitivement promulgué, a priori fin mai.

Pour l’instant le vapotage est encore autorisé au bureau. Mais un amendement au projet de loi vise ainsi à bannir l’usage de l’e-cigarette " dans les espaces clos collectifs de travail " (les lieux de transports et les écoles sont aussi concernés), ce qui revient à les considérer comme des fumeurs classiques. Un comble pour les associations de vapoteurs, regroupant d’anciens fumeurs, pour qui la e-clope est avant tout un outil de sevrage. " Cette interdiction laisse croire que la cigarette électronique est aussi dangereuse que le tabac alors que c’est faux ", regrette Brice Lepoutre, président de l’association des utilisateurs de la cigarette électronique.

Une tentation de replonger dans le tabagisme

Ce sujet, la dernière étude de référence du " Public Health England " ne lui donne pas totalement tort. Selon cette agence dépendante des autorités sanitaires britanniques, l’e-cigarette serait 95 % moins nocive que la cigarette classique. L’inhalation passive des émanations de la cigarette électronique serait également moins néfaste pour la santé humaine que le tabagisme passif.

Pour les vapoteurs exclus des bureaux, descendre au pied de l’immeuble avec les fumeurs est aussi une tentation de replonger dans le tabagisme. « On a constaté qu’on a 50 % de reprise du tabac dans les entreprises qui pratiquent déjà l’interdiction. C’est énorme », alerte Lepoutre, qui sera reçu au Haut conseil de santé publique le 21 janvier pour une audition. Le dernier souci concerne la fréquence des doses nicotiniques absorbées. Avec une cigarette classique, un fumeur tient en moyenne une heure avant de ressentir le manque. Avec une e-cigarette, le vapoteur absorbe une quantité inférieure, sauf que ses lattes ne l’apaisent qu’une quinzaine de minutes. Et rares sont les patrons qui accordent des pauses tous les quarts d’heure.

Des fumoirs mais pas de " vapotoires "

Pour justifier la mesure, la ministre a évoqué la volonté de ne plus banaliser " le geste de fumer ". En clair, inhaler de la fumer ne doit plus être un comportement " de séduction, d’appartenance à un groupe ", comme c’est encore le cas. Le motif est donc plus philosophique que sanitaire. Il n’empêche, le vapotage a permis à 400.000 personnes d’arrêter le tabac, selon une enquête réalisée en 2014 par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES), répond le pneumologue Bertrand Dautzenberg qui recommande la e-clope à ses patients en tant qu’outil de substitution.

Pour lui, il est aussi anormal que la loi autorise, quand c’est possible, la mise en place de fumoirs sur le lieu de travail, mais pas de " vapotoires ". " Sur le plan symbolique c’est inacceptable, c’est une faute politique et juridique. Ça ne passera pas (un recours a été déposé devant le Conseil d’Etat). " En attendant, le médecin tient tout de même à rester positif. Car en mêlant les vapoteurs aux fumeurs, il n’est pas non plus exclu que les seconds soient aussi " contaminés " par les premiers. Et cette fois, l’effet de mode est plus que toléré.


Source : 20 minutes

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