Au Québec, les commerçants de cigarettes électroniques sont plongés dans l’incompréhension

Publié le par Monsieur Vapoteur

Au Québec, les commerçants de cigarettes électroniques sont plongés dans l’incompréhension
Les nouvelles mesures de la loi 44, adoptées à l’unanimité par les députés de l’Assemblée nationale le 26 novembre dernier, créent un vent d’indignation chez les commerçants de cigarettes électroniques de la région. Ces derniers s’entendent pour dire qu’il n’est pas juste d’associer la vapoteuse aux produits du tabac.

Gérant de la boutique QVAP à Repentigny dans le secteur Le Gardeur, Francis Paquet ne conçoit pas que l’on puisse classer la cigarette électronique dans la catégorie des poisons. " La plupart des utilisateurs s’en servent pour changer et être plus en santé. C’est un outil efficace pour arrêter la cigarette traditionnelle en conservant l’habitude et en évitant les 400 quelques agents chimiques ", remarque-t-il.

Selon le gérant, la nouvelle réglementation, qui interdit désormais aux commerçants de faire essayer leurs produits en boutique, représente un réel obstacle pour l’arrêt du tabagisme. " Pour apprécier l’expérience, il est important que le client essaie la cigarette électronique et teste le niveau de nicotine avant l’achat ", insiste M. Paquet. Selon lui, si le dosage ne convient pas une fois à la maison, le client sera déçu et plus porté à mettre de côté sa vapoteuse pour retourner à la cigarette.

Contrer le tabagisme

À sa connaissance, la cigarette électronique est un outil très efficace pour cesser de fumer. " J’ai plusieurs de mes clients qui ont diminué graduellement la dose de nicotine pour arrêter complètement par la suite. Ils ont passé leur équipement à un ami ou un membre de la famille ", témoigne-t-il.

Étant lui-même un utilisateur, il exprime fièrement ne pas avoir touché à une cigarette depuis le 11 septembre 2013 grâce à la cigarette électronique.

On peut entendre le même discours du côté de Tornade Vapeur, toujours à Repentigny. Le propriétaire de la boutique, Alan Browne, considère que l’inclusion de la cigarette électronique aux produits du tabac est une décision irréfléchie. " La recette de la vapoteuse est beaucoup plus simple. Elle ne contient que quatre ingrédients contrairement à la cigarette qui en regroupe des centaines ", soulève-t-il. À son avis, elle en ressort nécessairement moins nocive.

À la suite de la mise en application de la loi, le site web de Tornade Vapeur a cessé la présentation de ses produits et la vente de ceux-ci en ligne jusqu’à la clarification des normes. Étant soumise aux mêmes réglementations que les autres produits du tabac, la cigarette électronique ne devrait plus faire l’objet de publicité ou de promotion ni être mise en démonstration.

M. Browne et M. Paquet soutiennent que la frustration est unanime chez leur clientèle. " Le point de vue du client n’a pas été pris en compte par le gouvernement ", rapporte Alan Browne, décrivant la déception des gens qui se réjouissaient d’avoir trouvé une solution efficace pour cesser de fumer. Chez QVAP, une pétition pour infirmer la décision du gouvernement est à la disposition des clients qui se font un plaisir de la signer, au dire du gérant.

Le CISSSL favorable à la loi 44

Le Centre intégré de santé et services sociaux de Lanaudière (CISSSL) se positionne quant à lui en faveur des nouvelles dispositions de la loi 44 concernant la cigarette électronique. " À l’heure actuelle, il n’existe aucune norme de fabrication tant pour la fabrication de ces dispositifs que pour le contenu des cartouches ", explique Muriel Lafarge, directrice de santé publique de Lanaudière pour appuyer à la position du CISSSL.

D’autres points inquiétants motivent leur raisonnement. Entre autres, elle soulève le manque de preuves scientifiques permettant d’affirmer l’absence d’effets nuisibles découlant de l’utilisation de ces produits, le possible effet passerelle entre la cigarette électronique et le tabac, notamment chez les jeunes, et la possibilité de " renormalisation " le tabagisme.

Muriel Lafarge précise que ce sont ces mêmes raisons qui ont amené les nouvelles dispositions qui figurent dans la Loi sur le tabac.


Source : Hebdo rive nord

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