Arrêter de fumer améliore l'humeur et le stress

Publié le par Monsieur Vapoteur

Arrêter de fumer améliore l'humeur et le stress
Contrairement aux craintes exprimées par de nombreux fumeurs, le sevrage tabagique n'augmente pas la dépression et l'anxiété, bien au contraire.

En France, plus d'un fumeur sur deux déclare avoir envie d'arrêter de fumer. Pourtant, la plupart ne le font pas, en partie par peur d'être nerveux, irritable. Une étude britannique, publiée vendredi dans le British Medical Journal, vient au contraire de montrer qu'arrêter la cigarette entraîne un bien-être mental " équivalent ou supérieur à celui d'antidépresseurs utilisés dans le traitement de l'anxiété ou des troubles de l'humeur ".

En comparant 26 études, Gemma Taylor et son équipe ont établi qu'après quelques semaines d'arrêt, les signes du manque de nicotine disparaissaient: les fumeurs qui avaient réussi à arrêter de fumer étaient moins déprimés, moins anxieux et plus optimistes que ceux qui avaient repris la cigarette. Les mêmes bénéfices liés à l'arrêt du tabac ont été perçus chez les personnes atteintes de troubles mentaux - les auteurs ne précisant toutefois pas quels types de troubles psychiatriques étaient pris en compte.

L'aide du suivi psychologique

" Lorsqu'un fumeur n'a pas fumé pendant un moment, il est anxieux et stressé, il pense que c'est la cigarette qui va le soulager, qu'elle va lui être bénéfique, affirme Gemma Taylor, coordinatrice de l'étude et chercheuse à l'Université de Birmingham. Beaucoup de fumeurs ont peur de perdre le soutien psychologique qu'est à leurs yeux la cigarette s'ils l'abandonnent ". Or c'est la cigarette, et notamment le manque de nicotine, qui provoque ces effets négatifs. L'une des études utilisées par les auteurs, une étude japonaise publiée en 2007, montre qu'après trois semaines d'arrêt du tabac, le nombre de récepteurs nicotiniques présents dans le cerveau des fumeurs chroniques revient au même niveau que celui des non-fumeurs. En effet, un consommateur régulier possède en moyenne 50 % de récepteurs nicotinique en plus par rapport à un non-fumeur. Ce retour à la normal semble permettre aux symptômes du manque de diminuer.

L'étude relève aussi que les fumeurs suivis psychologiquement rechutent moins. " La prise en charge psychologique permet de renforcer la motivation du fumeur. Il faut mettre en évidence les éléments positifs comme la diminution de l'angoisse pour que le fumeur se rende compte des bénéfices liés à l'arrêt du tabac ", affirme au Figaro le professeur Jean Adès, psychiatre-addictologue à l'hôpital Louis-Mourier à Colombes (Hauts-de-Seine). Cependant, " savoir que l'arrêt du tabac entraîne une meilleure qualité de vie ne suffit pas: il faut une réelle motivation pour arrêter de fumer ", tempère-t-il.

D'après le Baromètre santé de 2010 de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé, plus de 75 % des ex-fumeurs déclarent avoir eu envie d'arrêter pour préserver leur santé. Les autres raisons sont ensuite l'entourage, le prix du tabac ou encore la grossesse. En 2013, plus de 2,1 millions fumeurs ont acheté des traitements médicamenteux tels que des patchs ou des gommes à mâcher. Mais selon l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies, le nouveau moyen privilégié par les fumeurs pour arrêter de fumer est la cigarette électronique : entre 8 et 9 millions de Français l'auraient déjà essayée et " plus de 80 % de fumeurs estiment avoir complètement arrêté de fumer par ce biais ".


Source : Le Figaro

Publié dans Articles, Tabac

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