La cigarette électronique sera interdite sur les lieux de travail dans quelques semaines

Publié le par Monsieur Vapoteur

L’Aiduce tient à manifester son plus vif étonnement à la découverte de l’annonce de Madame Touraine, Ministre des Affaires Sociales et de la Santé, faisant état d’une interdiction effective de vapoter sur les lieux de travail " dans quelques semaines ".

Cette interdiction était prévue dans la loi Santé qui à ce jour est encore en cours de lecture devant le Sénat. Madame Touraine aurait-elle prévu de s’affranchir du déroulement normal du débat démocratique pour faire accélérer l’interdiction sans qu’aucun élément nouveau et rationnel venant justifier une quelconque urgence à légiférer ne soit intervenu ? Madame la ministre a-t-elle prévu un passage en force par recours à l’article 49-3 ou ne s’agit-il encore que d’une annonce visant à faire croire que tout ce qu’elle déclare devant micros et caméras aurait automatiquement force de loi ?

A qui la cigarette électronique fait-elle donc si peur pour justifier d’une procédure exceptionnelle ? Aux médecins qui la conseillent de plus en plus souvent pour se sevrer du tabac ? Aux employeurs qui voient avec satisfaction leur personnel s’affranchir de la fameuse pause-clope ? Aux nombreux fumeurs qui l’ont adoptée avec plaisir pour mettre un terme à leur habitude mortifère ? Ou à des intérêts industriels en manque de chiffre d’affaire ? Les seuls que nous imaginons craindre la vape sont les fabricants de cigarettes ou de médicaments à la nicotine, les services fiscaux de l’état qui peuvent s’inquiéter de voir les taxes perçues diminuer sensiblement, et malheureusement une partie d’un public qu’on a délibérément mal informé depuis quelques années en lui présentant sans précautions, explications ni commentaires des études aux conclusions farfelues pourvu qu’elles exploitent les peurs et maximisent les recettes publicitaires.

Combien de fois faudra-t-il répéter que vapoter n’est PAS fumer ! Fumer suppose nécessairement une combustion. Or il n’y a pas de combustion dans la cigarette électronique.

Nous avons maintenant l’habitude de voir que certains, notamment parmi des dirigeants chargés de gérer notre société au titre des mandats qu’a bien voulu leur confier le peuple, ont choisi de prendre pour vérité des hypothèses non établies scientifiquement, voire simplement invalidées, comme c’est le cas avec ce fantasme de la normalisation du tabac par la vape qui n’existe que dans l’imagination fertile de quelques esprits.

A défaut de pouvoir prouver ses préjugés, Madame Touraine en vient maintenant à faire appel à des concepts hautement acrobatiques comme la " banalisation d’un geste " de " séduction " qui favoriserait nous ne savons quel sentiment " d’appartenance à un groupe ". Avons-nous donc cessé d’être la patrie de la raison cartésienne et des Lumières pour que des lois soient aujourd’hui proposées dans l’urgence au nom d’illusions vagues que rien de sérieux ne vient étayer ? Quelle prochaine liberté devrons-nous sacrifier au motif qu’un élu aura peuplé sa dernière nuit de rêves rocambolesques au point de céder à son imagination plutôt qu’à la raison et à la science et à imposer celle-ci à tous ? A quand l’interdiction de la poignée de mains comme « geste de séduction et d’appartenance à un groupe » ? Au-delà de la cigarette électronique, ce sont les libertés les plus fondamentales que nous abandonnerions si nous acceptions que des lois puissent être votées sur le seul fondement des fantasmes de leurs auteurs !

Le principe de précaution, auquel la France a été le premier et l’un des seuls pays à donner force constitutionnelle, suppose que les décisions se prennent en considération de FAITS et non d’obscurs préjugés. Il suppose en outre qu’il soit fait appel à la connaissance et à l’exploration scientifique pour éclairer et asseoir ces décisions et les faire le cas échéant évoluer. Il interdit donc d’entraver l’innovation sans motif sérieux et argumenté.

Madame la ministre voudrait-t-elle donc partager et soumettre à la critique les études sur lesquelles elle a fondé son raisonnement pour parvenir à ces bien hâtives et curieuses conclusions ?

Madame Touraine a-t-elle envisagé d’interdire l’inhalateur de nicotine délivré en pharmacie au nom des périls qu’elle prête à ce fameux " geste " qui l’obsède tant ? Après tout, c’est le même. Et quelle est enfin la valeur constitutionnelle de l’interdiction d’un geste dénué de toute connotation idéologique sanctionnée par les lois ou dont la nuisance n’est pas démontrée ? La vape sauve des vies. Elle n’en prend pas.

Nous ne comprenons enfin toujours pas pourquoi le gouvernement s’acharne autant contre un dispositif qui a le potentiel de REDUIRE le tabagisme en France, en l’encourageant et en lui laissant le maximum de liberté afin de le rendre bien au contraire attractif pour tous les fumeurs qui pourraient ainsi considérablement réduire les risques liés au tabac.

Nous avons bien conscience que la saison estivale approche et qu’elle est propice au passage de lois et règlements controversés qui n’honorent pas toujours leurs auteurs. Les vapoteurs sauront demeurer vigilants


Source : Aiduce
La cigarette électronique sera interdite sur les lieux de travail dans quelques semaines

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