Premières données sur la cigarette électronique issues du Baromètre Santé Inpes 2014

Publié le par Monsieur Vapoteur

Alors que l’usage de la cigarette électronique est répandu en France, il restait encore peu documenté dans notre pays. L’Inpes a donc lancé début 2014 la première grande enquête (conduite sur un échantillon de grande taille) sur les comportements des Français vis-à-vis de ce produit. Elle fait le bilan de la situation en France et permet de mieux comprendre les relations entre cigarette électronique et aide à l’arrêt du tabac.

La cigarette électronique ou e-cigarette désigne un produit électrique qui simule l’acte de fumer du tabac et en préserve la gestuelle. Elle produit une vapeur aromatisée dite « fumée artificielle » qui peut contenir ou non de la nicotine à diverses concentrations. Le verbe " vapoter " s’est déjà imposé dans les nouveaux mots des éditions 2015 du Robert et du Larousse et son équivalent anglais " to vape " a été désigné " mot de l’année 2014 " par le Oxford Dictionary. Ce choix est logique si l’on considère le succès de cette nouvelle cigarette, dont le marché est estimé à plus de 2 milliards de dollars par an. Le ministère chargé de santé rappelle dans son dossier qu’en France ; selon ses caractéristiques, elle peut être soit un produit de consommation courante soit un médicament.

Les premiers éléments sur la consommation de cigarettes électroniques en France ont été publiés par l’OFDT en février 2014. Aujourd’hui, c’est au tour de l’Inpes de présenter les premiers résultats (avant publication des données complètes début 2015 dans sa collection " Évolutions ") de son enquête sur les comportements des Français vis-à-vis de la cigarette électronique. Plus de 15 000 personnes âgées de 15 à 75 ans, ont été interrogées selon la méthodologie du Baromètre Santé Inpes.

Forte notoriété mais usage limité

Les données de l’Inpes objectivent l’engouement des Français pour ces produits, connus par la quasi-totalité d’entre eux (99%). Son utilisation est quant à elle plus restreinte avec 26% des 15-75 ans l’ayant testée et 6% de vapoteurs (dont 3% de vapoteurs quotidiens). L’étude dresse aussi le profil type du vapoteur, plutôt jeune, masculin et avec un niveau de diplôme inférieur ou égal au bac, ces caractéristiques se rapprochant de celles observées chez les fumeurs.

Un usage récent de la cigarette électronique et des vapoteurs majoritairement fumeurs ou ex-fumeurs

L’étude révèle aussi que la moyenne d’ancienneté d’utilisation de la cigarette électronique est de 4 mois. En 2014, 47% des vapoteurs vapotent depuis moins de 3 mois et seulement 9% depuis plus d’un an. Par ailleurs, le domicile ou l’extérieur sont les plus propices à l’utilisation de la cigarette électronique : 84% des vapoteurs affirment vapoter à leur domicile, 77% à l’extérieur. Ils sont 36% à le faire au travail, 27% à l’intérieur de lieux de convivialité (restaurants, bars, cafés, boites de nuit), 5% à l’école (uniquement des individus de moins de 25 ans) et 0,1% en voiture.

Autre données importantes : 86% des vapoteurs utilisent des cigarettes électroniques avec nicotine et 98% des vapoteurs sont ou ont été fumeurs. À l’évidence, la cigarette électronique est beaucoup plus attractive pour les fumeurs et il est à noter qu’environ 24% des fumeurs ne l’ayant jamais utilisée déclarent avoir l’intention de le faire.

Les motivations au vapotage

Les principales raisons de vapoter sont sans surprise la dépendance à la nicotine, le prix avantageux de la cigarette électronique versus la cigarette traditionnelle et la santé. Au sein de la population des fumeurs et des ex-fumeurs, les trois quarts des vapoteurs affirment utiliser la cigarette électronique comme substitut à la cigarette ordinaire ; 71% des fumeurs vapoteurs et 66% des ex-fumeurs vapoteurs justifient leur usage par les économies qu’il permet ; enfin 66% des fumeurs vapoteurs et 80% des ex-fumeurs vapoteurs justifient leur choix car ils considèrent la « version électronique » comme moins mauvaise pour leur santé. D’autres critères de motivation comme la liberté d’usage (la législation est pour le moment moins stricte que pour la cigarette ordinaire, interdite dans les lieux publics), le respect des autres ou encore le goût ou la simple curiosité sont aussi évoqués par les sondés.

Baisse de consommation de tabac des fumeurs-vapoteurs

Les résultats indiquent aussi que la cigarette électronique est vue comme une aide à l’arrêt par les fumeurs vapoteurs : 88% d’entre eux estiment qu’elle leur permet de réduire le nombre de cigarettes ordinaires fumées (et 82% qu’elle pourrait les aider à arrêter de fumer) ; 82% d’entre eux affirment qu’elle leur a permis de réduire leur consommation de tabac de 8,9 cigarettes par jour et 68% disent avoir envie d’arrêter de fumer, contre 54% des fumeurs non-vapoteurs. Les fumeurs-vapoteurs sont donc plus motivés que leurs homologues " fumeurs-simples " pour décrocher du tabac.


Source : Inpes
Premières données sur la cigarette électronique issues du Baromètre Santé Inpes 2014

Commenter cet article